Garçon déguisé en chevalier avec l’album Chevalier Chouette, un livre jeunesse pour aborder la persévérance chez l’enfant.
Développement de l'enfant Livres jeunesse Réussite scolaire

Mon enfant abandonne facilement : 10 stratégies pour l’aider à persévérer

Bienvenue dans cette nouvelle série consacrée à la littérature jeunesse!
Vous y découvrirez des albums coup de cœur, mais surtout des idées concrètes pour accompagner votre enfant dans ses apprentissages, aborder certains comportements et susciter de belles discussions en famille.

Escale Parent

« Je ne suis pas capable! »  Certains enfants se découragent particulièrement vite devant la difficulté. Découvrez un album motivant ainsi que 10 façons simples de les aider à persévérer sans transformer chaque défi en bataille.

Après avoir été conquise par Chevalier Chouette et petite oiselle, j’ai voulu découvrir les autres albums de la série de Christopher Denise. Je n’ai pas été déçue. Chevalier Chouette, le premier du trio, est un autre petit bijou à ajouter à votre bibliothèque.

Dans cette première aventure, Chouette poursuit un rêve qui semble pourtant bien grand pour elle : devenir chevalier. L’entraînement est difficile, l’équipement est beaucoup trop imposant pour sa petite taille, mais elle persévère jusqu’à atteindre son objectif.

Lorsque vient le moment d’affronter une créature redoutable, elle découvre aussi que le courage ne consiste pas à ne jamais avoir peur, mais à avancer malgré cette peur et à faire appel à son intelligence.

Suspense, humour, vocabulaire riche et dénouement surprenant se mêlent dans un album qui fait de Chouette un bien joli modèle de persévérance et d’ingéniosité pour les enfants.

Cet album peut vous aider si votre enfant…


– Se décourage facilement devant une difficulté;
– A tendance à abandonner lorsqu’il ne réussit pas du premier coup;
– A besoin de développer sa persévérance;
– Manque parfois de confiance en ses capacités;
– Hésite à essayer quelque chose de nouveau par peur d’échouer;
– A besoin de comprendre que le courage, ce n’est pas ne jamais avoir peur, mais avancer malgré la peur.

Si vous tombez sous le charme de ces personnages, sachez qu’il existe également Chevalier Chouette prépare Noël (pour les tout-petits) en plus de Chevalier Chouette et petite oiselle qui aborde les thèmes de l’écoute, du compromis.

Enfant qui parle avec enthousiasme devant l'album jeunesse Chevalier Chouette et Petite Oiselle, une histoire sur l'écoute, les compromis et le respect des autres.

Comment aider son enfant à persévérer quand ça devient difficile?

À l’image de Chouette qui s’accroche à son rêve malgré un entraînement difficile, nos enfants rencontrent chaque jour de petits et de grands défis qui leur demandent de persévérer. Mais qu’est-ce qui les pousse à recommencer… ou au contraire à abandonner?

Un bébé qui apprend à marcher tombe. Il se relève, fait quelques pas et retombe. Il recommence des dizaines de fois sans que personne ait besoin de lui faire un grand discours sur l’importance de la persévérance.

La raison? La récompense est énorme!

Marcher lui permet de se déplacer, de suivre ses parents et d’explorer tout un nouveau monde. Il a envie d’y arriver et, peu à peu, ses progrès l’encouragent à continuer.

Comment se fait-il que, quelques années plus tard, le même enfant refuse d’enfiler ses patins, se fâche devant ses lacets qui s’emmêlent ou se décourage lorsqu’une lecture lui demande beaucoup d’efforts.

Que s’est-il passé entre les deux?


Pourquoi certains enfants abandonnent-ils plus facilement en grandissant?


Le tempérament y est certainement pour quelque chose. Certains enfants tolèrent mieux la frustration alors que d’autres réagissent fortement lorsqu’une tâche leur résiste. Mais la personnalité est loin de tout expliquer.

L’enfant commence à se comparer. « Les autres lisent plus vite que moi », « Je suis poche en maths », « Tout le monde sait patiner sauf moi ». À force de se comparer, il peut finir par douter de ses capacités.

Le regard des autres prend de l’importance. Tomber sur ses fesses à 14 mois n’a pas la même portée que rater quelque chose devant ses amis à 9 ans. Certains enfants préfèrent alors éviter une activité plutôt que de risquer l’échec devant les autres.

Les expériences s’accumulent. Un enfant qui connaît des difficultés répétées peut finir par anticiper l’échec avant même de commencer. « Je vais essayer » devient tranquillement « À quoi bon? ».

La difficulté de la tâche compte. On développe difficilement sa persévérance lorsqu’on est constamment placé devant des défis hors de notre portée. L’enfant a besoin de constater que ses efforts peuvent réellement le faire progresser.

La réaction des adultes joue également un rôle. Une forte pression autour des résultats peut rendre l’erreur menaçante. À l’inverse, enlever systématiquement les obstacles prive l’enfant d’occasions de découvrir qu’il peut surmonter une difficulté.

L’anxiété de performance peut mener à l’évitement. Certains petits perfectionnistes préfèrent ne pas essayer plutôt que de risquer de ne pas être à la hauteur.

Enfin, la motivation varie énormément. Un enfant peut recommencer le même niveau d’un jeu vidéo pendant 45 minutes et déclarer qu’un problème de mathématiques est impossible après trois minutes. Sa capacité à persévérer n’a pas disparu : son intérêt et la récompense qu’il espère obtenir ne sont tout simplement pas les mêmes.

Comprendre ce qui se cache derrière son envie d’abandonner permet de mieux le soutenir.

Trois ingrédients qui donnent envie de continuer

Revenons à notre bébé qui apprend à marcher. Trois conditions particulièrement favorables sont réunies :

J’ai envie d’y arriver.
Je crois que je peux éventuellement y arriver.
Ce que je fais semble me rapprocher du but.

Prenons maintenant un enfant pour qui la lecture est difficile. Il fournit beaucoup d’efforts, lit plus lentement que ses camarades et accumule les expériences frustrantes.

On lui dit : « Persévère! »

Mais intérieurement, il peut être rendu à : « Pourquoi? Je travaille et je suis encore mauvais. »

Lui demander davantage d’efforts ne suffit alors probablement pas. Il faut aussi nourrir son sentiment de compétence, lui permettre de constater ses progrès et lui redonner, autant que possible, une raison d’avoir envie de continuer.

10 stratégies concrètes pour développer la persévérance

1. Chercher ce qui se cache derrière le « J’abandonne »

Avant de pousser votre enfant à continuer, cherchez ce qui le bloque. Est-ce trop difficile? A-t-il peur de se tromper? Se compare-t-il aux autres? Pense-t-il qu’il n’y arrivera jamais? L’activité manque-t-elle simplement d’intérêt à ses yeux?

Comprendre la raison permet d’offrir une aide beaucoup plus adaptée qu’un simple « Allez, persévère! ».

2. Lui proposer des défis à sa portée

Pour avoir envie de continuer, l’enfant doit croire qu’une réussite est possible. Un défi trop facile demande peu d’efforts; un défi beaucoup trop difficile risque plutôt de confirmer : « Je suis pas capable. »

Cherchez l’entre-deux : un défi qui demande de travailler et de recommencer, mais dans lequel l’enfant peut progresser seul ou avec un petit coup de pouce.

3. Multiplier les petites réussites et lui montrer ses progrès

On persévère plus facilement lorsqu’on constate qu’on progresse. Rappelez à votre enfant le chemin parcouru : « Tu te souviens quand tu avais besoin de mon aide pour partir en vélo? » Une ancienne production, une photo ou un simple souvenir peut l’aider à réaliser tout ce qu’il a appris.

C’est aussi ce que vit Chouette : à force de s’entraîner et de franchir les difficultés une à une, elle finit par réaliser son rêve et devenir chevalier.

4. Découper les gros défis

« Apprendre à lire » est gigantesque. « Réussir à lire cette phrase » paraît déjà beaucoup plus accessible.

Même chose pour apprendre à nager, faire du vélo ou réaliser un projet scolaire. Aidez l’enfant à regarder la prochaine petite étape plutôt que toute la montagne. La persévérance devient plus facile lorsqu’il peut régulièrement constater : « J’avance. »

5. Valoriser les stratégies, pas seulement les efforts

« Bravo, tu as travaillé fort! » fait plaisir, mais on peut être encore plus précis :

« Ta première idée ne fonctionnait pas et tu en as essayé une autre. »

« Tu commençais à te fâcher, alors tu as pris une pause. »

« Tu as demandé un indice plutôt que d’abandonner. »

L’enfant découvre ainsi des stratégies concrètes qu’il pourra réutiliser devant une prochaine difficulté.

6. Lui apprendre que changer de stratégie n’est pas abandonner

Persévérer ne signifie pas répéter vingt fois exactement la même chose. Parfois, continuer demande justement de faire autrement : ralentir, observer quelqu’un, demander de l’aide, revenir à une étape plus facile ou prendre une pause.

Une question toute simple peut l’aider :

« Qu’est-ce que tu pourrais essayer autrement? »

La persévérance, ce n’est pas s’acharner. C’est aussi savoir s’adapter.

7. Faire de l’erreur une partie normale de l’apprentissage

Certains enfants vivent très difficilement leurs erreurs. Une mauvaise réponse ou une chute devient rapidement : « Je suis nul là-dedans. »

On peut reconnaître leur déception tout en ramenant l’attention vers la suite : « Ça n’a pas fonctionné comme tu voulais. Qu’est-ce qu’on pourrait essayer maintenant? »

Raconter nos propres erreurs aide aussi les enfants à comprendre que l’aisance qu’ils observent chez les adultes est souvent le résultat de nombreux essais.

8. Résister à l’envie de faire à sa place

Voir son enfant s’acharner sur sa fermeture éclair alors que l’autobus arrive dans trois minutes demande une certaine dose de… persévérance parentale!

Bien sûr, certains matins, vous allez la fermer vous-même. La vraie vie reste la vraie vie. Mais lorsque le temps le permet, laissez-lui quelques instants pour chercher, essayer et recommencer.

Ces petits défis quotidiens lui donnent l’occasion de vivre cette satisfaction tellement importante : « J’ai réussi tout seul! »

9. Nourrir sa motivation

Chouette accepte un entraînement difficile parce qu’elle poursuit quelque chose qui compte énormément pour elle : son rêve de devenir chevalier. Notre bébé du début, lui, ne se relève pas cinquante fois parce qu’on lui a expliqué les vertus du travail acharné. Il veut aller quelque part!

La motivation donne une bonne raison de faire des efforts.

On ne peut pas rendre toutes les tâches passionnantes, mais on peut leur donner davantage de sens et partir des intérêts de l’enfant lorsque c’est possible. Un jeune lecteur fera peut-être beaucoup plus volontiers l’effort de déchiffrer une bande dessinée, un livre sur les dinosaures ou les règles d’un jeu qu’il adore.

La motivation n’est pas un petit bonus : elle contribue directement à l’envie de continuer.

10. Transformer le « Je suis pas capable »

Un tout petit mot peut parfois ouvrir une porte :

« Tu n’es pas encore capable. »

Ce « encore » rappelle que les capacités ne sont pas figées. On peut également demander : « Qu’est-ce qui te fait penser que tu n’y arriveras pas? »

Sa réponse vous aidera peut-être à découvrir ce qui se cache réellement derrière son envie d’abandonner.

Des jeux qui développent la persévérance… sans en avoir l’air

Les casse-têtes, LEGO, jeux de construction, Rush Hour, SmartGames ou Jenga placent naturellement l’enfant devant de petits défis qui l’amènent à essayer, ajuster sa stratégie et recommencer.

On peut aussi construire une tour, fabriquer un bateau qui flotte, réaliser un origami, apprendre un tour de magie ou maîtriser un nouveau tour de corde à sauter. L’important est de choisir un défi stimulant, mais à sa portée.

La persévérance se construit un petit défi à la fois

Comme nous le rappelle joliment Chevalier Chouette, les grands rêves se réalisent rarement sans quelques difficultés en chemin. Développer la persévérance ne signifie toutefois pas apprendre à son enfant à « ne jamais abandonner ». Il s’agit plutôt de lui faire découvrir qu’il peut rencontrer une difficulté, chercher une autre façon de faire, demander de l’aide et progresser.

Cette capacité lui servira partout : lorsqu’il apprendra à lire, qu’un problème de mathématiques lui donnera du fil à retordre, qu’il devra recommencer un travail à l’école ou qu’il tentera encore une fois d’attacher ses lacets avant de partir le matin.

À la maison comme à l’école, toutes ces petites expériences construisent peu à peu une conviction précieuse : ce n’est pas parce que quelque chose est difficile aujourd’hui que je n’y arriverai pas demain.

Cet article pourrait intéresser votre entourage ? Vous pouvez le partager.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *